Le bébé signe est de plus en plus pratiqué par les familles et dans les crèches. Jusqu’à présent, les études sur ses effets donnaient des résultats contradictoires et leurs méthodologies ne permettaient pas d’obtenir de conclusions fiables, soit parce qu’elles ne tenaient pas compte de certaines caractéristiques socio-linguistiques des bébés testés, soit parce qu’elles portaient sur trop peu d’enfants.
Pour mieux comprendre ses effets, cette étude a porté sur un très large groupe de 1316 enfants âgés de 10 à 28 mois, et tenait compte de nombreux facteurs pouvant influencer le développement (milieu familial, activités, fréquence de lecture, etc.). L’objectif était d’examiner si le bébé signe a un effet sur le vocabulaire (mots compris et produits), la fréquence des colères, le sentiment de compétence des parents et l’attention portée à la communication gestuelle.
Les résultats
Effet du bébé signe sur l’acquisition du vocabulaire
Cette étude montre que les enfants exposés au bébé signe ne produisent pas plus de mots et ne prononcent pas leurs premiers mots plus tôt que les autres. Les parents déclarent que leur enfant comprendrait légèrement plus de vocabulaire. Cependant, plusieurs éléments amènent à interpréter ce résultat avec prudence. En effet, nous savons que l’estimation des mots compris par les parents est une mesure plus subjective que l’évaluation des mots produits (il est difficile d’être sûr qu’un enfant comprend un mot qu’il ne dit pas encore). Il s’agit d’une fragilité déjà observée plusieurs fois dans d’autres études scientifiques. Aussi, certains effets bien connus dans la littérature (comme le rôle du niveau d’étude de la mère) n’apparaissent pas dans nos données, ce qui suggère une mauvaise évaluation du vocabulaire compris. En l’occurrence, les familles pratiquant le bébé signe, et ayant une bonne opinion de cette pratique, ont pu surévaluer la quantité de mots compris par leur enfant.
Chez les familles pratiquant le bébé signe, deux tendances apparaissent : plus les parents signent souvent, moins l’enfant semble produire de mots ; mais plus ils utilisent une grande variété de signes, plus l’enfant semble produire et comprendre de mots. Ces résultats contradictoires suggèrent que ce n’est pas la pratique du bébé signe qui influence le niveau de langage mais plutôt l’inverse. Les parents adapteraient leur pratique du bébé signe aux compétences de leur enfant. Ils signeraient davantage quand leur bébé parle peu, et diversifieraient les signes lorsqu’il montre de bonnes compétences langagières.
Effet du bébé signe sur les autres aspects évalués
L’étude ne met en évidence aucun effet du bébé signe sur les colères ou sur le sentiment de compétence parentale. En revanche, les parents signants se montrent plus attentifs à la communication gestuelle de leur enfant, ce qui est cohérent avec cette pratique.
Conclusion
Le bébé signe ne semble ni accélérer ni freiner le développement du vocabulaire, et n’influencerait pas non plus les colères et le sentiment de compétence parentale. Sa pratique peut donc être mise en place librement, selon ce qui semble le plus confortable et utile pour les familles et les professionnels, sans risque pour le développement du langage.
Référence de l’article et lien : Bertussi V., Ravanas M-J & Dautriche I. – The impact of BabySign on vocabulary development. First Language
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01427237251409434
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